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Concrètement, que propose Champs libres ? (1)


Le projet Champs libres a imaginé différents modes d'intervention pour favoriser la biodiversité en ville. Des fiches projets ont été réalisées pour donner à voir des exemples concrets de ce que nous souhaiterions mettre en œuvre.


Voici le premier volet : les espaces publics.



Une des premières idées était la création d'une micro-forêt Miyawaki au cœur d'un jardin public en cours d'aménagement. Les forêts Miyawaki, du nom du botaniste japonais à leur initiative, sont des espaces plantés très densément (trois arbres au m²) qui jouent sur les différentes strates de la forêt (canopée / arbres de moyenne tige / arbustes). Elles reposent sur une grande diversité d'essences (une trentaine) exclusivement choisies parmi des essences locales. En comparaison, la plupart de nos forêts françaises ne comptent pas plus de trois essences. La méthode de plantation repose sur un important travail du sol, aéré en profondeur et très fortement amendé par différentes matières organiques (paillage, broyat, fumier, compost). Les arbres sont de très jeunes plants (souvent 2 ans, soit selon les essences autour de 40 cm) et l'importante couverture du sol permet de se passer de systèmes d'arrosage. Demandant peu d'espace (on peut créer des forêts à partir de 250 m²), elles sont particulièrement adaptées au contexte urbain.


De très nombreuses forêts Miyawaki ont été plantées dans le monde, notamment en Asie. Elles arrivent en Europe, notamment avec la société belge Urban Forest ou l'association Minibigforest implantée en Bretagne. Mais à ce jour, aucune forêt n'a été plantée dans le sud de la France. Toulouse en Transition a proposé de réaliser une première expérimentation dans le quartier de Rangueil, en bord de périphérique. Nous avons choisi de participer à cette aventure en nous investissant bénévolement parmi le Collectif micro forêts Toulouse en Transition.


D'autres projets peuvent voir le jour sur l'espace public, comme le montre les deux fiches suivantes ; il s'agit ici d'utiliser tous les espaces délaissés et d'agir pour y améliorer la biodiversité, en tenant compte des contraintes propres à chaque site. Par exemple, le choix de la prairie est lié à des projets de travaux sur le site qui rendraient tout projet de plantation non pérenne. Mais c'est également la volonté de tenir compte de la contribution de chaque type d'écosystème qui prévaut ici, chaque milieu offre en effet des ressources (nourriture, habitats) différents à la faune locale et permet de mieux couvrir les besoins tout au long de l'année. La biodiversité s'accompagne pour nous de diversité des projets !




Pour Champs libres, l'investissement des espaces publics est nécessaire car leur visibilité et leur ouverture à tous permet de progressivement changer notre regard sur la nature en ville. Nous en avons parlé dans un précédent article. Pour cela, la dimension participative de ces projets est essentielle, d'où l'intérêt de se rapprocher des comités de quartier et des associations de proximité. Mais cela suppose de convaincre les collectivités de la capacité des citoyens à porter des projets viables et durables.


Champs libres a donc soumis trois propositions à la métropole de Toulouse :

- que les services vérifient la faisabilité des projets (propriété et gestion des parcelles, absence de réseaux en sous-sol, pas de projets de travaux sur le site), voire identifient eux-même des espaces susceptibles d'accueillir des projets de plantations citoyennes ; cela éviterait les très multiples renvois de guichet en guichet pour savoir qui doit donner in fine l'autorisation...

- qu'au delà des "permis de végétaliser", il soit créé un "permis de planter" qui pourrait ainsi faciliter les démarches d'habitants souhaitant participer au développement de la biodiversité

- enfin, Champs libres propose une "convention de gestion biodiversité", permettant de suivre les projets de plantation sur une période minimale de trois ans. Cette convention permettrait d'assurer un entretien doux de ces espaces, de procéder éventuellement au regarnissage de certains plants et de recourir aux services d'écologues pour évaluer annuellement l'évolution de la biodiversité végétale et animale sur la parcelle. Ce n'est en effet pas tout de faire, encore faut-il s'assurer que l'on fait bien.


D'autres projets seront présentés dans les post suivants.

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