Planter des arbres, est-ce suffisant ? Est-ce même utile ?

Champs libres est plus attentif au développement de la biodiversité et à la restauration du bon fonctionnement des écosystèmes qu'au nombre d'arbres plantés. On vous dit pourquoi ici.

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En ce moment, l'arbre est à la mode. Redécouvrant les nombreux services rendus par l'arbre en ville, les communes, les départements, les régions planifient aujourd'hui des plans massifs de plantation d'arbres et les chiffres peuvent parfois donner le tournis : 100 000 à Toulouse, 2 000 000 en région PACA. Souvent, c'est sous l'angle de la lutte contre le réchauffement climatique et pour leur rôle en termes d'absorption du C02 que les arbres sont mis en avant. On pourra se référer aux thèses intéressantes de Guillaume Sainteny dans son livre "Le climat qui cache la forêt".

Pour Champs libres, il est nécessaire de faire évoluer notre regard sur la nature en ville en prenant mieux en compte son fonctionnement propre plutôt que de ne l’évaluer qu’au regard de l’agrément qu’elle procure. C’est à cette condition que nous pourrons favoriser sa pérennité. Cela signifie pour nous de ne pas comptabiliser en "nombres d'arbres plantés" mais plutôt en nombre de parcelles où les écosystèmes auront été améliorés. Ce peut être une prairie, une haie champêtre, une microforêt, et pourquoi pas une mare ? S'adapter au potentiel de chaque terrain est une des premières règles que nous nous sommes donnés.

Redonner place à la nature en ville ne doit toutefois pas se faire au détriment d’autres espaces bien plus favorables à la biodiversité (risque de prédation »). Il faut s’attacher dès aujourd’hui à s’inscrire dans une logique circulaire et autosuffisante pour limiter la captation de la biomasse (paillage, BRF, terre végétale) pour répondre aux besoins des plans d'action "végétalisation" de nombreuses villes. C'est également un des volets du projet Champs libres : être partie prenante d'une future "ressourcerie du végétal" qui pourrait réunir plusieurs types d'acteurs pour amener une réflexion plus large autour des pratiques de plantation et d'amendement des sols.


Même si dans nos milieux urbains, la nature est appauvrie et très contrainte, elle montre des capacités de résilience qui peuvent être des ressources essentielles dans le contexte environnemental très incertain qui est le nôtre. De nombreux espaces de pleine terre existent en ville : friches, bordures de voirie, surfaces non bâties des zones d'activité (même si les sous-sols - réseaux divers - limitent leur potentiel de plantation), sans oublier la biodiversité dans les jardins pavillonnaires et des copropriétés.

Champs libres, c'est donc d'abord et avant tout un accompagnement des acteurs vers une autre façon de regarder, de concevoir, d'entretenir ces espaces en veillant à améliorer la qualité des écosystèmes.


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