• ngaudant

Pourquoi je lance le projet Champs Libres ?

Peut-on accompagner la réflexion stratégique des territoires en termes d'aménagement, de services, de logement ou de développement économique sans intégrer les alertes de plus en plus nombreuses sur les impacts du changement climatique et de la perte de biodiversité ? Peut-on faire du développement social local sans s'interroger sur la résilience territoriale ? Quelles actions à très court terme peuvent être menées ?


Historienne et géographe de formation, je questionne aussi bien les évolutions passées et futures que les notions d’échelles pertinentes. En 2012, j’ai suivi une formation à la prospective au CNAM, qui m'a progressivement amenée vers les enjeux de résilience territoriale.


Mais que serait un "territoire résilient" ? Le CEREMA donne cette définition : " Un territoire résilient est entendu comme un territoire en mouvement, capable :

- d’anticiper des perturbations, brutales ou lentes, grâce à la veille et à la prospective,

- d’en minimiser les effets,de se relever et rebondir grâce à l’apprentissage, l’adaptation et l’innovation,

- d’évoluer vers un nouvel état en équilibre dynamique préservant ses fonctionnalités. Cet état est décidé et construit démocratiquement. "



Or, aujourd'hui, aux nombreux enjeux auxquels les territoires sont confrontés, tels que croissance ou décroissance démographique, vieillissement, éloignement des services et commerces, mobilités, qualité et attractivité des logements, accès à l'emploi, pauvreté, s'en ajoutent de nouveaux : adaptation au changement climatique, impact de la perte de biodiversité, crise probable des ressources non renouvelables, etc. Et pour chaque problème posé, des solutions qui dépassent très largement l'échelle des collectivités...


Ces questions ont coïncidé avec un intérêt croissant (et personnel) pour la biodiversité et tout particulièrement le monde végétal. De nombreuses lectures et diverses formations à l'ENSA Toulouse, l'Agence française pour la Biodiversité et l'Université d'été Paysages in Marciac m'ont fait approcher l'incroyable ressource des arbres. Comme il est dans l'ADN de SOSTEN Projets d'initier des projets auxquels nous croyons (colocation dans le parc social, plateforme mobilité en milieu rural...), pourquoi ne pas réfléchir aux moyens de renforcer la biodiversité en milieu urbain ?


Le projet Champs libres est né de cette réflexion. Il poursuit trois objectifs :


- le premier est de repérer des parcelles ou des bouts de parcelles couvertes d'une pelouse rase et asséchée et d'y proposer des projets de plantation (prairie, haie, bosquet, forêt)







- le deuxième est de contribuer à modifier le regard des habitants sur la "nature en ville" (oxymore?) et de les habituer à des espaces moins "paysagers". Pour cela, la dimension participative du projet est un enjeu fort de Champs libres.


- le troisième, sans doute à plus long terme, est de veiller à créer une "économie circulaire de la plantation". Aujourd'hui, combien de m3 de terre végétale sont pris à l'extérieur de la ville pour alimenter les projets des paysagistes ? Si les très nombreux projets de plantation en ville doivent voir le jour, ne doit-on pas concevoir des projets moins prédateurs à l'égard des terres et des amendements captés à l'extérieur et valoriser d'abord et avant tout les ressources propres au territoire urbain ?


Certains diront que "planter des arbres" est la partie la plus consensuelle du verdissement des politiques locales et que cela ne peut suffire à rendre nos villes plus résilientes. Je suis d'accord avec cela. C'est pourquoi Champs libres ne va pas compter le nombre de plants, mais le nombre de m² où les différents végétaux pourront recréer les conditions de leur coopération, enrichir les sols, abriter diverses espèces animales et rappeler aux urbains que la nature n'est ni "sale", ni "dangereuse", ni "gênante" mais qu'elle peut au contraire nous apporter de l'ombre, de la fraîcheur, de la couleur voire même quelques fruits.





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